Les maladies du cœur
Les maladies cardiovasculaires et les facteurs
de risque
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Les maladies cardiovasculaires demeurent la
première cause de décès au Canada et se
placent largement en tête des causes
d'hospitalisation. Elles constituent les principaux
facteurs contributifs des coûts directs et indirects
de la santé (18,5 milliards $ en 1998, soit 11,6 % du
coût total de toutes les maladies). Il est possible de
les prévenir en grande partie, bien que cela constitue
en soi une entreprise complexe qui nécessite des
actions à plusieurs niveaux et dont les objectifs
varient selon le développement de la maladie.
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La mortalité par cardiopathie ischémique au Canada n'a
cessé de diminuer de façon régulière depuis les
années 60. On estime qu'entre 1970 et 1990, la diminution
observée au Canada a été attribuable aux mesures de
prévention (50 %) et à l'amélioration des
traitements (50 %).
De nombreuses études ont permis d'identifier les principaux
facteurs de risque associés à la maladie tout comme
plusieurs publications et rapports en font état. Parmi
ceux-ci, mentionnons le rapport publié par la Fondation des
maladies du cœur du Canada en mai 2003, et intitulé
« Le fardeau croissant des maladies cardiovasculaires et des
accidents vasculaires cérébraux ». Ce document
rapporte qu'environ 80 % de la population présente au moins un
facteur de risque évitable des maladies cardiovasculaires.
Bien qu'il soit impossible de modifier l'âge, le sexe et
l'hérédité, il est par contre possible d'agir sur
les autres facteurs de risque tels le tabagisme, la
sédentarité, l'excès de poids, l'hypertension,
l'hypercholestérolémie, le diabète (type 2) et le
stress. Voici comment le rapport qualifie les différents
facteurs de risque.
Le tabagisme
Le tabagisme est la principale cause de décès
évitables au Canada et fait augmenter l'incidence de
développer toutes les principales formes de maladies
cardiovasculaires. Le tabagisme est la première cause des
maladies cardiovasculaires et est donc considéré comme le
tueur no 1 aux États-Unis et au Canada. On estime que 26 % de
la population québécoise (hommes et femmes de plus de 15
ans) fume, ce qui représente 1,7 millions d'individus. Parmi
ces personnes, une sur deux mourra d'une maladie reliée à
cette habitude, perdant en moyenne 10 ans d'espérance de vie.
Plus de 13 000 Québécois meurent chaque année d'une
maladie liée à leur tabagisme; 25 % à 30 % de ces
décès sont liés aux maladies cardiovasculaires. La
plupart des études suggèrent que le counselling
antitabagique est extrêmement efficace et constitue un
élément essentiel de toute thérapie visant à
soutenir l'arrêt de consommation de tabac chez le fumeur.
D'ailleurs beaucoup de fumeurs sont récemment parvenus à
mettre fin à leur dépendance grâce aux
stratégies québécoises antitabac. Parmi celles-ci,
mentionnons l'interdiction de fumer au travail et le succès
des défis « J'arrête, j'y gagne! ». En 1994 et
1995, on dénombrait entre 36 % et 38 % de fumeurs au
Québec. Selon l'enquête de cohorte de Santé Canada
qui faisait autorité à l'époque, en 1996-1997 ce
pourcentage était d'environ 34 %, et de 30 % en 1999.
La sédentarité
La sédentarité est un facteur de risque des maladies
cardiovasculaires. L'activité physique régulière
permet de réduire le poids, d'améliorer les taux de
cholestérol et de lipides sanguins, la tension artérielle
et le diabète, et d'atténuer ainsi le risque
cardiovasculaire global. « En l'an 2000, plus de la
moitié (56,5 %) des adultes étaient physiquement inactifs
pendant leurs temps libres. La sédentarité a par ailleurs
diminué entre 1994 et 2000; elle est passée de 61,6 %
à 56,5 % chez les adultes. Il existe de nombreuses études
qui démontrent de façon claire les bénéfices de
la prévention des maladies cardiovasculaires associée
à une pratique régulière d'activité physique.
Les auteurs recommandent minimalement une activité
d'intensité modérée pendant des périodes de 30
minutes par jour.
L'excès de poids
La plupart des pays industrialisés sont actuellement aux
prises avec une épidémie d'obésité et de
diabète de type 2 autant chez l'adulte que chez l'enfant.
L'excès de poids, que ce soit l'embonpoint ou
l'obésité, est l'un des facteurs influant le plus souvent
sur le développement de l'hypertension artérielle et du
diabète, lesquels sont pour leur part d'importants facteurs de
risque des maladies cardiovasculaires. En général, une
nutrition équilibrée et une activité physique
régulière peuvent atténuer les problèmes
d'embonpoint et d'obésité, mais souvent le traitement est
associé à de nombreuses rechutes d'où la
nécessité d'une approche pluridisciplinaire qui implique
médecins, nutritionnistes et autres professionnels de la
santé.
La consommation inadéquate de fruits et légumes
La consommation quotidienne de cinq à dix portions de
fruits et légumes permet de réduire le risque de maladies
cardiovasculaires en raison des apports en vitamines, en
antioxydants et en fibres naturelles.
L'hypertension artérielle
L'hypertension artérielle est un facteur de risque majeur
des maladies coronariennes et de l'accident vasculaire
cérébral, de maladies vasculaires périphériques
et de l'insuffisance cardiaque. Elle fait augmenter de deux à
trois fois le risque cardiovasculaire. Selon les auteurs G. Paradis
et C. Thivierge, la base du traitement de l'hypertension repose sur
la modification des habitudes de vie : alimentation saine,
équilibrée et faible en sel, activité physique,
réduction de la consommation d'alcool et cessation du
tabagisme.
La dyslipidémie
Un taux anormalement élevé de cholestérol, de
lipoprotéines de basse densité (LDL) et de
triglycérides ainsi qu'un faible taux de lipoprotéines de
haute densité (HDL) sont d'importants facteurs de risque des
maladies vasculaires et plus particulièrement des maladies
coronariennes. « Selon les enquêtes sur la santé
cardiovasculaire de 1985 à 1990, 45 % des hommes et 43 % des
femmes présentent un taux de cholestérol total
supérieur au taux recommandé de 5,2 mmol/L. »
Le diabète
Le diabète qui se développe à l'âge adulte
est un important facteur de risque d'hypertension artérielle,
d'accident vasculaire cérébral, de cardiopathies et de
maladies vasculaires, particulièrement chez les femmes.
Les auteurs s'entendent pour dire que la prévention doit
commencer dès l'enfance par une bonne alimentation et
l'activité physique. À l'âge adulte, la
prévention concerne les personnes en bonne santé mais qui
ont des facteurs de risque et, évidemment, celles qui ont
déjà subi un accident cardiovasculaire. Pour ces
dernières, il faut éviter la récidive.
D'ailleurs, dans les conclusions de son rapport au chapitre des
facteurs de risque, la Fondation des maladies du cœur du
Canada précise « qu'à moins que des interventions
communautaires ayant un impact préventif suffisant ne soient
mises en œuvre, l'épidémie des maladies
cardiovasculaires se poursuivra ». En effet, il semble que la
baisse de morbidité attribuable aux maladies cardiovasculaires
mentionnée plus haut dans le texte est en voie de se
renverser. On croit toutefois qu'il y aura une recrudescence des
maladies cardiovasculaires dans les années à venir en
raison de l'augmentation croissante de l'obésité chez les
enfants, chez les adolescents ainsi que chez les jeunes
adultes.
Enfin, il est donc primordial de souligner que les modifications
des habitudes de vie préconisées pour prévenir les
maladies cardiovasculaires sont les mêmes que celles
préconisées pour prévenir le cancer.
Sources de références :
- Le fardeau économique de la maladie au Canada,
Santé Canada, 1998
- Le fardeau croissant des maladies cardiovasculaires et des
accidents vasculaires cérébraux, Fondation des maladies
du cœur du Canada, mai 2003
- Paradis G., Thivierge C., Les maladies cardiovasculaires :
Facteurs de risque. Prévention en pratique médicale,
Bulletin de la Direction de la santé publique de
Montréal, 2e trimestre 2004
Info-tabac, no 37, septembre-octobre 2001